Open Access
Numéro
CMLF 2008
2008
Numéro d'article 159
Nombre de pages 16
Section Psycholinguistique, acquisition
DOI https://doi.org/10.1051/cmlf08063
Publié en ligne 9 juillet 2008
Congrès Mondial de Linguistique Française, Paris, France, 2008
DOI: 10.1051/cmlf08063

Bilinguisme tardif franco-allemand. Etude de l'attrition d’items lexicaux et sémantiques.

B. Eisenkolb

Eisenkolb.Brigitte@etu.unice.fr

Publié en ligne le 9 juillet 2008

Résumé
La présente étude traite du phénomène de l'attrition dans le cas du bilinguisme tardif franco-allemand chez l'adulte allemand vivant dans un environnement francophone (France métropolitaine). Un bilan de travaux récents dans le domaine de l'attrition a révélé le caractère sélectif et ordonné du phénomène étudié. Notre cadre de référence renvoie aux hypothèses postulants une organisation modulaire des langues (Fodor, 1983; Paradis, 1997) avec un traitement hiérarchique des différents niveaux linguistiques ('data-/ concept-driven': Durgunoglu & Roedinger, 1987). Il s'appuie notamment sur un modèle de la production orale (Levelt, 1989), adapté à la compréhension par De Bot (1992). La problématique qui occupe notre recherche est double. Conscients du caractère sélectif et ordonné du phénomène étudié, nous cherchons dans un premier temps à distinguer la vulnérabilité des différents niveaux linguistiques, c'est-à-dire l'organisation des deux langues dans le paradigme de la lecture naturelle, afin de mettre à l'épreuve l'hypothèse d'un accès temporairement inhibé (Paradis, 1985, 1993, etc.) et celle proclamant une réorganisation dans un système hautement dynamique (Pavlenko, 2000). Nous utilisons dans un second temps l'enregistrement des mouvements oculaires, une approche psychologique non-intrusive afin d'observer les comportements vis-à-vis d'interférences franco-allemandes aux niveaux orthographique, morphologique et sémantique. La dichotomie entre traitements de bas et de haut niveau s'avérait importante pour comprendre les différents indices oculaires. Les fixations initiales plus longues pour les phrases contenant des interférences indiquent la détection d'une anomalie. Les refixations plus longues et plus probables lors des interférences morphologiques et sémantiques semblent témoigner d'un traitement de haut niveau (concept-driven). Le modèle de Levelt (1989) qui classe les items morphologiques avec les items phonologiques dans le niveau des lexèmes ne peut ainsi être soutenu.



© Institut de Linguistique Française 2008