Open Access
Numéro
CMLF 2008
2008
Numéro d'article 044
Nombre de pages 20
Section Diachronie, histoire de la langue
DOI https://doi.org/10.1051/cmlf08054
Publié en ligne 9 juillet 2008
Congrès Mondial de Linguistique Française, Paris, France, 2008
DOI: 10.1051/cmlf08054

La norme lexicale au XIXe siècle : Académie française, Pierre Larousse et Émile Littré

M.-A. Pouteaux

marie-alix.pouteaux@umontreal.ca

Publié en ligne le 9 juillet 2008

Résumé
Au XIXe siècle, l’autorité de l’Académie française étant bien établie – tous les lexicographes en font mention et s’y reportent – nous voulons vérifier si les deux plus célèbres lexicographes de la fin de ce siècle, soit Émile Littré et Pierre Larousse, ont entériné les jugements de l’Académie où s’ils s’en sont affranchis. Pour mener à bien notre étude dans les limites imparties, nous limitons notre enquête aux étiquettes les plus significatives du marquage sociolectal, soit FAMILIER, POPULAIRE, PEUPLE et BAS - quelles que soient leur forme, évidemment (« fam. », « famil. », « familièrement », etc.; « pop. », « popul. », « populairement », etc.; bas, bass., etc.). Pour assurer la solidité de notre comparaison, nous procédons par croisements. Tout d’abord, nous établissons le corpus exhaustif des lexies marquées FAMILIER, POPULAIRE, PEUPLE ou BAS dans la 6e édition du Dictionnaire de l’Académie (1835) et nous examinons le traitement que leur réservent le «Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle» de P. Larousse (15 vol. 1866-1876, 2 suppl. 1878, 1880) et le « Dictionnaire de la langue française » de É. Littré (1863, suppl. 1877). Ensuite, nous constituons le corpus exhaustif des lexies ainsi marquées pour les lettres « L » et « E » dans le « Grand Dictionnaire universel » et le « Dictionnaire » de Littré, et nous examinons le sort que leur avait réservé l’édition académicienne de 1835, tout en tenant compte des divergences entre P. Larousse et É. Littré. Seule une étude croisée systématique de marques sociolectales mettra au jour le jugement du « Dictionnaire » de Littré et du « Grand Dictionnaire universel » vis-à-vis de celui du « Dictionnaire » de l'Académie et apportera un nouveau regard sur la constitution de la norme dans l'histoire du français. En métalexicographie du français, notre étude se distingue des travaux ponctuels menés sur les ouvrages retenus et de la seule étude comparative d’ampleur dont nous disposons sur les dictionnaires du XIXe siècle (Glatigny, 1998), en ce qu’elle se fonde sur une enquête exhaustive des trois dictionnaires, rendue possible par leur numérisation.



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