Open Access
Numéro
CMLF 2008
2008
Numéro d'article 132
Nombre de pages 18
Section Linguistique du texte et de l’écrit, stylistique
DOI https://doi.org/10.1051/cmlf08129
Publié en ligne 9 juillet 2008
Congrès Mondial de Linguistique Française, Paris, France, 2008
DOI: 10.1051/cmlf08129

Vers une écriture rhizomatique : style et syntaxe dans La Bataille de Pharsale de Claude Simon

I. Yocaris and D. Zemmour

marti@unice.fr
Babouss@aol.com

Publié en ligne le 9 juillet 2008

Résumé
Dans notre exposé, qui constitue le prolongement direct d’une série de travaux plus ou moins récents sur Claude Simon, nous nous fixons trois objectifs :
(a) Proposer une description synthétique et raisonnée des transgressions syntaxiques qui se font jour dans La Bataille de Pharsale, et qui constituent autant de phénomènes de « variation » par rapport à une norme qui sert de repoussoir aux Nouveaux Romanciers (les canons scripturaux du roman « réaliste »).
(b) Montrer en quoi la mise en œuvre d’une syntaxe sui generis renvoie par « méréomorphisme » (F. Rastier) à un projet compositionnel d’ensemble, le roman simonien étant construit à tous les niveaux comme un « rhizome » deleuzien. La mise en place d’un rhizome scriptural entraîne trois conséquences majeures sur le plan syntaxique :
• un dépassement de la linéarité syntagmatique, du fait de la multiplication des connexions entre les différents constituants phrastiques (utilisation de procédés relevant d’une « syntagmatisation du paradigmatique », utilisation massive d’hyperbates, effets de « segmentation floue »)
• une abolition de toute forme de hiérarchie discursive [juxtaposition d’éléments recteurs et d’éléments « régis » (subordonnées relatives, subordonnées circonstancielles, subordonnées participiales …) qui tendent à s’autonomiser, emploi « déviant » des connecteurs logiques, qui permettent de coordonner entre eux des segments de statut sémantique et/ou énonciatif différent, développement de connexions syntaxiques « adventives », tendance à transformer les subordonnants (conjonctions de subordination, pronoms relatifs, prépositions) en connecteurs …] ;
• une reconfiguration permanente de l’« ordre » sémantico-syntaxique (effets d’« anamorphose » syntaxique et/ou agencements phrastiques « en cube de Necker », utilisation de règles variables etc.) qui confère au texte simonien une dimension holistique, dans la mesure où le réseau d’unités discursives qui le constitue se présente comme « une multiplicité qui change nécessairement de nature à mesure qu’elle augmente ses connexions » (G. Deleuze et F. Guattari)
(c) Replacer le projet d’écriture ainsi dégagé dans un contexte conceptuel et historique plus vaste, en rattachant l’œuvre simonienne à la vision du monde / aux invariants thématiques et stylistiques mis en avant dans les œuvres de fiction postmodernes en général.



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