Open Access
Numéro
CMLF 2008
2008
Numéro d'article 133
Nombre de pages 7
Section Linguistique du texte et de l’écrit, stylistique
DOI https://doi.org/10.1051/cmlf08329
Publié en ligne 9 juillet 2008
Congrès Mondial de Linguistique Française, Paris, France, 2008
DOI: 10.1051/cmlf08329

Note de cadrage sur la linguistique textuelle

J.-M. Adam

Jean-Michel.Adam@unil.ch

Publié en ligne le 9 juillet 2008

Résumé
Apparue dans les années 1950 en Allemagne, la linguistique textuelle s’est développée dans le cadre du second Cercle de Prague et, en Angleterre, chez Halliday et Hasan (1976) qui sont les premiers à ne pas grammaticaliser le transphrastique en considérant le texte comme une grande phrase ou comme une simple suite de phrases : « Un texte […] n’est pas un simple enchaînement de phrases […]. Un texte ne doit pas du tout être vu comme une unité grammaticale, mais comme une unité d’une autre espèce : une unité sémantique. Son unité est une unité de sens en contexte, une texture qui exprime le fait que, formant un tout, il est lié à l’environnement dans lequel il se trouve placé » (1976 : 293 ; notre traduction). Eugenio Coseriu, qui a été un des premiers à employer le terme « linguistique textuelle », propose de distinguer la « grammaire transphrastique » de la « linguistique textuelle » (1994). Si la première peut être considérée comme une extension de la linguistique classique, la linguistique textuelle est, en revanche, une théorie de la production co(n)textuelle de sens qu’il est nécessaire de fonder sur l’analyse de textes concrets. C’est cette démarche, continuatrice de la définition du discours que se donnent des linguistes fondateurs de la linguistique moderne (Saussure, Guillaume et surtout Benveniste), que je nomme, pour ma part, analyse textuelle des discours. Benveniste (1974 : 66) décompose programmatiquement le champ général de la linguistique en deux domaines (analyse intralinguistique et analyse translinguistique) entre lesquels la linguistique de l’énonciation occupe une place centrale. Prenant appui sur cette dernière, la linguistique du discours est, d’une part, une « translinguistique des textes » et, d’autre part, une « translinguistique des œuvres », c’est-à-dire des productions littéraires. Je considère ces lignes programmatiques comme un appel à réunir la linguistique de l’énonciation et la linguistique textuelle au sein de la linguistique du discours. BENVENISTE Emile 1974 : Problèmes de linguistique générale II, Paris, Gallimard. COSERIU Eugenio 1994 (1980) : Textlinguistik. Eine Einführung, Tübingen-Basel, Francke. HALLIDAY Michael A. K., HASAN Ruqaiya 1976 : Cohesion in English, Longman, London-New York ; 15e éd. 1997. ADAM Jean-Michel 2008 [2005] : La Linguistique textuelle. Introduction à l’analyse textuelle des discours, Paris, A. Colin.



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