Open Access
Numéro
CMLF 2008
2008
Numéro d'article 128
Nombre de pages 12
Section Linguistique du texte et de l’écrit, stylistique
DOI https://doi.org/10.1051/cmlf08073
Publié en ligne 9 juillet 2008
Congrès Mondial de Linguistique Française, Paris, France, 2008
DOI: 10.1051/cmlf08073

Usages littéraires de l’apostrophe : fonctions textuelles et pragmatiques et spécificités génériques

M. Monte

monte@univ-tln.fr

Publié en ligne le 9 juillet 2008

Résumé
Il s’agit dans cette communication d’étudier le rôle textuel et pragmatique de l’apostrophe dans les textes littéraires en confrontant des corpus théâtraux, romanesques et poétiques à des textes témoins issus de discours oralisés. On compare les rôles joués par l’apostrophe dans ces différents types de discours du point de vue du marquage des actes illocutoires, de la construction de la coénonciation et de l’altérité, de la cohésion textuelle et de la construction référentielle. Il apparaît ainsi que l’apostrophe d’une part soutient les actes illocutoires directeurs au sein d’un tour de parole, d’autre part, balise les débuts et fins d’échange. Par ailleurs, elle permet au locuteur d’impliquer fortement l’allocutaire à des moments-clés de son discours, tout en affirmant son propre positionnement, de façon consensuelle ou agonique selon les contextes. Le rôle caractérisant de l’apostrophe, plus développé en poésie, permet par ailleurs de proposer une représentation de l’allocutaire fictif qui, tout en bénéficiant d’un statut de contenu présupposé, peut introduire sur la scène énonciative de nouveaux référents. L’étude comparative fait apparaître, d’une part, une forte analogie entre l’usage littéraire et l’usage dans des discours réellement adressés, d’autre part souligne à la fois la spécificité de la poésie au sein de ce corpus, et la possibilité de rattacher l’usage poétique à des usages courants. Ainsi la poésie apparaît non comme une déviance mais comme une pratique discursive exploitant au maximum le rendement de ce dispositif énonciatif qu’est l’apostrophe.



© Institut de Linguistique Française 2008