Open Access
Numéro
CMLF 2008
2008
Numéro d'article 080
Nombre de pages 18
Section Discours, pragmatique et interaction
DOI https://doi.org/10.1051/cmlf08239
Publié en ligne 9 juillet 2008
Congrès Mondial de Linguistique Française, Paris, France, 2008
DOI: 10.1051/cmlf08239

De la malléabilité des structures syntaxiques dans l'interaction orale : le cas de la clivée

E. De Stefani

elwys.destefani@unine.ch

Publié en ligne le 9 juillet 2008

Résumé
Les phrases clivées ont été décrites jusqu'ici comme des structures syntaxiques particulièrement figées, attestées en français depuis la fin du XIIe siècle sous la forme c'est X qui/que Y. Les linguistes ont attribué aux constructions clivées deux fonctions principales: d'une part, elles seraient utilisées pour focaliser le constituant qui suit le syntagme verbal c'est, d'autre part, elles permettraient d'établir un contraste entre l'élément désigné par X et d'autres éléments avec lesquels X serait en rapport paradigmatique. Les descriptions avancées jusqu'ici se révèlent insuffisantes pour décrire les utilisations des structures clivées observables dans l'interaction spontanée. Basant nos analyses sur des enregistrements d'entretiens semi-directifs en français, nous montrerons d'abord que les réalisations des structures clivées connaissent une très grande variabilité – qui remet en question le caractère « figé » communément attribué à cette construction syntaxique. Ensuite, nous décèlerons des fonctionnalités interactionnelles et pragmatiques qui à ce jour n'ont pas fait l'objet d'analyses approfondies. Les analyses seront effectuées avec les outils qu'offrent l'analyse conversationnelle et la linguistique interactionnelle. Elles montreront qu'il convient de percevoir les constructions syntaxiques – et plus généralement la grammaire – non pas comme un ensemble de règles qui servent à réaliser des énoncés corrects et acceptables, mais comme le résultat d'un travail collaboratif dans lequel chaque locuteur contribue à construire une grammaire située qui répond aux fins pratiques des participants.



© Institut de Linguistique Française 2008