Open Access
Numéro
CMLF 2008
2008
Numéro d'article 181
Nombre de pages 15
Section Sémantique
DOI https://doi.org/10.1051/cmlf08128
Publié en ligne 9 juillet 2008
Congrès Mondial de Linguistique Française, Paris, France, 2008
DOI: 10.1051/cmlf08128

Définitude et quantification universelle

F. Corblin

Francis.Corblin@paris4.sorbonne.fr

Publié en ligne le 9 juillet 2008

Résumé
Dans la plupart des théories du défini la notion de maximalité ou d'exhaustivité joue un rôle essentiel. La première question qui se pose à ce propos est d'ordre explicatif. Il y a d'autres formes linguistiques de la quantification universelle et il y a d'autres points de vue pour caractériser la définitude, notamment l’anaphore et la deixis. La seconde question qui se pose est d'ordre empirique. A peine a-t-on posé ou concédé que la définitude était proche de la quantification universelle, que les contre-exemples se présentent. On soutient dans cette communication que la théorie du défini est indépendante, en principe de la notion de quantification universelle et d'exhaustivité, et on s’attache à établir avec précision les raisons pour lesquelles il semble en être autrement. Ce travail discute notamment les approches antérieures de Dowty (1987) et Brisson (2003) et utilise la typologie des prédicats introduits dans Corblin (2008) pour étayer une proposition d’ensemble. L’idée centrale est que le défini est un désignateur (un terme) utilisant son contenu descriptif pour identifier (Corblin 1987). Ce mode d’identification détermine un premier lien à l’universalité : le défini le x désigne nécessairement tous les xs de son domaine d’interprétation ; ce sont les limites non-contraintes de ce domaine qui l’éloignent de l’universel strict. En tant que désignateur, et au même titre que le nom propre, le défini entre, par ailleurs, dans la prédication, ce qui détermine d’autres associations à l’universalité. Le défini réfère à un individu qui peut être vu comme un tout, et il existe un mode de prédication « individuelle » qui assigne le prédicat à l’individu dénoté. La relation à l’universalité est déterminée, prédicat par prédicat, selon les inférences qu’il autorise quant à la satisfaction du prédicat par les parties de l’individu. Le défini réfère à un individu qui, d’autre part, peut être vu comme un ensemble de parties et fait l’objet de prédications quantifiées au moyen d’expressions lexicales (tous). Seuls les prédicats holistes qui s’appliquent à un individu considéré dans toutes ses parties n’admettent pas la prédication quantificationnelle. Le défini, comme les conditionnelles admet des interprétations quantificationnelles sans quantificateur lexical réalisé. Comme pour les conditionnelles, le quantificateur restitué s’interprète comme « universel ou quasi-universel ». On s’attache à montrer que cette proposition capte les données saillantes du français dans un cadre explicatif plus simple et plus proche de l’intuition que les traitements antérieurs.



© Institut de Linguistique Française 2008