Open Access
Numéro
CMLF 2008
2008
Numéro d'article 041
Nombre de pages 15
Section Diachronie, histoire de la langue
DOI https://doi.org/10.1051/cmlf08067
Publié en ligne 9 juillet 2008
Congrès Mondial de Linguistique Française, Paris, France, 2008
DOI: 10.1051/cmlf08067

Ains/au contraire de la cooccurrence à la concurrence

M. Mokni

mokmonia@yahoo.fr

Publié en ligne le 9 juillet 2008

Résumé
Tous les linguistes qui se sont intéressés à l’ancienne conjonction de coordination ains, s’accordent à lui donner une plus grande force adversative qu’à mais réfutatif. Cette remarque ne les empêche pourtant pas d’avancer ou parfois de sous-entendre que mais s’est substitué à ains. Cette hypothèse qui ne peut être prouvée surtout sur le plan sémantique nous a amenée à traiter la disparition de ains et la question de sa compensation à partir d’un autre angle que celui de son opposition à mais. En nous situant dans le prolongement des travaux de Marchello-Nizia sur la grammaticalisation et le changement linguistique, nous proposons de voir dans la grammaticalisation de la locution adverbiale au contraire un changement lié à cette disparition. En effet, la grammaticalisation de l’une se produit en parallèle avec le déclin progressif de l’autre. De plus les deux connecteurs qui appartiennent à la même classe sémantique ont beaucoup de points communs sur les plans syntaxique, sémantique et énonciatif. Quant aux différences entre ces deux morphèmes, elles sont à considérer comme les points forts de la locution par rapport à la conjonction. Ces deux changements sont générés par le système de la langue qui favorise de plus en plus les distinctions.



© Institut de Linguistique Française 2008