| Issue |
CMLF 2008
2008
|
|
|---|---|---|
| Article Number | 033 | |
| Number of page(s) | 14 | |
| Section | Diachronie, histoire de la langue | |
| DOI | https://doi.org/10.1051/cmlf08276 | |
| Published online | 9 juillet 2008 | |
DOI: 10.1051/cmlf08276
Selon X en français médiéval : la construction des interprétations
D. Coltier and C. Féron Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Publié en ligne le 9 juillet 2008
Résumé
On sattachera à linterprétation des groupes prépositionnels en selon en français médiéval, et plus particulièrement à la lecture de selon X que nous appelons « origine » : X est alors un point dancrage pour lénonciation de lélément auquel selon X est incident. Dans cette interprétation, le groupe prépositionnel est, dans la plus grande partie des emplois, exophrastique : il ne participe pas à la construction du sens référentiel mais constitue un commentaire du locuteur.
Daprès les exemples cités par les dictionnaires étymologiques et les dictionnaires dancien français, linterprétation « origine » avec selon X exophrastique est possible dès le XIIe siècle. On ne peut donc pas observer la succession chronologique entre interprétation endophrastique et interprétation exophrastique, alors que cette succession est largement attestée par ailleurs.
Notre tâche consiste à préciser, à partir dun corpus de textes dancien et de moyen français, dans quelles conditions cette interprétation « origine » exophrastique se construit. Nous étudions plus particulièrement deux cas : le régime de la préposition désigne un être humain ; le régime désigne un « dire ».
Daprès notre corpus, selon en français médiéval fonctionnerait globalement comme en français contemporain ; toutefois, les emplois de selon X dans les deux états de langue ne se recouvrent que partiellement : dune part, certains emplois attestés en français médiéval ne sont plus possibles aujourdhui ; dautre part, linterprétation « origine » avec selon + N /humain/ exophrastique semble plus contrainte dans les textes médiévaux quelle ne lest aujourdhui.
© Institut de Linguistique Française 2008

