Open Access
Numéro
CMLF 2008
2008
Numéro d'article 095
Nombre de pages 18
Section Histoire, épistémologie, réflexivité
DOI https://doi.org/10.1051/cmlf08178
Publié en ligne 9 juillet 2008
Congrès Mondial de Linguistique Française, Paris, France, 2008
DOI: 10.1051/cmlf08178

L'émergence de la notion de complément est-elle une invention ou une innovation ?

B. Bouard

berengere.bouard@linguist.jussieu.fr

Publié en ligne le 9 juillet 2008

Résumé
Cet article propose de décrire, d’examiner et de questionner le processus d’élaboration de la notion de « complément », utilisée et admise communément aujourd’hui en linguistique : est-ce une « invention » ? qu’est-ce qu’une « invention » en sciences du langage ? Nous verrons que le passage du régime au complément s’effectue sur plusieurs siècles et ne peut se résumer à une simple substitution. L’apparition du complément chez les Encyclopédistes est en fait à rattacher à la redéfinition des liens syntaxiques et à l’histoire de la représentation de la proposition dans la grammaire française. L’histoire du complément ne prend sens qu’en relation avec la déconstruction de la structure propositionnelle tripartite (sujet-est-attribut) posée comme point de départ de l’analyse grammaticale par la Grammaire Générale et raisonnée de Port-Royal (1660), et avec l’émergence de la catégorie de verbe transitif versus intransitif. A la question de savoir si le complément permet de mieux décrire, penser, appréhender, représenter, formaliser, ou enseigner la syntaxe du français ? l’historien des sciences du langage n’a pas de réponse, mais il peut observer, dans la perspective d'une histoire sérielle, que les grammairiens adoptent le complément, pas immédiatement ni de façon unanime, et pour des raisons différentes.



© Institut de Linguistique Française 2008