Open Access
Numéro
CMLF 2008
2008
Numéro d'article 121
Nombre de pages 14
Section Linguistique du texte et de l’écrit, stylistique
DOI https://doi.org/10.1051/cmlf08127
Publié en ligne 9 juillet 2008
Congrès Mondial de Linguistique Française, Paris, France, 2008
DOI: 10.1051/cmlf08127

Textualisation et (re)conditionnement énonciatif

C. Détrie

catherine.detrie@univ-montp3.fr

Publié en ligne le 9 juillet 2008

Résumé
Tout texte est le résultat de procédures ou de pratiques de textualisation, impliquant les coénonciateurs, et en proposant une représentation : le texte est ainsi une production prise dans une dynamique intersubjective pratique, celle des coénonciateurs de l’interaction enchâssante, le scripteur et le lecteur. J'e m’intéresse dans cet article à la relation intersubjective à l’origine de la textualisation, puisqu’elle prédétermine la façon dont l’objet du discours va être représenté, et mis en forme discursivement. J’interrogerai les effets de cette interaction dans le cadre de l’actualisation textuelle, à partir de la notion de mode de textualisation, qui s’appuie sur la combinaison des choix formels permettant de décrire la profondeur énonciative d’un texte, et sur la plasticité de l’intersubjectivité qu’il met en représentation. Certains phénomènes langagiers construisent prototypiquement un mode de textualisation en soi-même, c'est-à-dire un mode qui pose en discrimination radicale (en autre du je) le coénonciateur, et tout ce qui représente l’ailleurs de la relation interpersonnelle (représenté en non-personne), tandis que d’autres, au contraire, infléchissent la textualisation, soit parce qu’ils privilégient un mode de textualisation en même, travaillant l’indifférenciation subjective (l’énonciataire, dans cette relation, étant envisagé de manière non disjonctive, comme un même), soit parce qu’ils opacifient le conditionnement énonciatif du texte. Je montrerai que certains choix formels, comme l’apostrophe au lecteur dans Jacques le Fataliste (qui affiche la coopération entre les instances de la coénonciation), le feuilletage énonciatif en je des Journaux de Marivaux (qui instaure une instabilité des positions subjectives), l’infinitif ou la phrase nominale dans les romans de Chamoiseau (qui semblent émaner d’une instance anonyme de perception, et travaillent l’indifférenciation subjective, tout en invitant le lecteur à rétablir les relations temporelles et personnelles absentes) permettent de modifier ou de biaiser le format énonciatif qui sous-tend le texte, en le réorientant du côté de la coconstruction, parce que ces choix formels impliquent une participation active du lecteur.



© Institut de Linguistique Française 2008

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