Open Access
Numéro
CMLF 2008
2008
Numéro d'article 227
Nombre de pages 18
Section Syntaxe
DOI https://doi.org/10.1051/cmlf08083
Publié en ligne 9 juillet 2008
Congrès Mondial de Linguistique Française, Paris, France, 2008
DOI: 10.1051/cmlf08083

Le médiopassif à SN préverbal en français : pour une approche multifactorielle

A. Zribi-Hertz

azhertz@orange.fr

Publié en ligne le 9 juillet 2008

Résumé
Cette étude se propose de réexaminer les phrases médiopassives françaises à SN préverbal du type ? Ces lunettes se sont nettoyées hier à huit heures et quart, dont l’acceptabilité semble plus faible que celle de leurs homologues italiennes, portugaises ou espagnoles, et que celle du passif en être à SN préverbal. Contrairement à une idée répandue, le médiopassif à SN préverbal peut productivement avoir une lecture événementielle en français, et pas seulement en phrase thétique, cf. Le verdict ? Il s’est rendu hier. Les contrastes d’acceptabilité observés peuvent être éclairés par une série de contraintes indépendantes les unes des autres, qui, à une exception près, ne sont pas propres au français, au sein du domaine roman. L’inacceptabilité du médiopassif à SN préverbal, quand elle est observée, a pour principale origine le fait que dans une suite de la forme SN se V (X), la lecture médiopassive est d’autant plus défavorisée par rapport à la lecture réfléchie que le SN est identifié comme occupant la position sujet. L’interprétation médiopassive ne peut être validée que si les choix lexicaux et la spécification du temps favorisent à la fois l’identification du SN préverbal comme l’argument interne, et l’insertion dans l’interprétation d’un argument externe implicite lu comme intentionnel. Selon l’hypothèse défendue ici, les contraintes propres au médiopassif français à SN préverbal sont corrélées aux possibilités plus réduites de positionnement du contrôleur de l’accord verbal dans cette langue : la phrase finie contient canoniquement un sujet préverbal en français, alors que tel n’est pas le cas dans le reste du domaine roman. Le SN préverbal étant nécessairement un sujet en français, les interprétations réfléchie et médiopassive ne sont départagées que par un calcul sémantico-pragmatique - qui tend à défavoriser l’interprétation la plus complexe : la médiopassive. Dans les autres langues romanes, qui permettent plus librement le contrôle de l’accord verbal par un argument interne postverbal, le SN préverbal d’une suite SN se V (X) peut être identifié comme un argument interne topicalisé ou focalisé - auquel cas les interprétations réfléchie et médiopassive sont distinguées par la syntaxe. Les contraintes pesant sur le médiopassif sont crucialement solidaires de la forme réflexive et ne s’observent donc pas au passif en être.



© Institut de Linguistique Française 2008

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