Open Access
Numéro
CMLF 2008
2008
Numéro d'article 117
Nombre de pages 10
Section Lexique(s)
DOI https://doi.org/10.1051/cmlf08062
Publié en ligne 9 juillet 2008
Congrès Mondial de Linguistique Française, Paris, France, 2008
DOI: 10.1051/cmlf08062

La Semelfactivité non verbale en français : l'exemple de or et de (a)lors

F. Torterat

frederic.torterat@unice.fr

Publié en ligne le 9 juillet 2008

Résumé
La semelfactivité reste une notion peu sollicitée en linguistique française, peut-être moins du fait qu'elle semble peu opératoire d'une manière générale, que du fait (supposé) qu'elle serait plus à même d'intégrer la description d'autres langues que le français. Cette faible productivité paraît en un sens regrettable, car s'il est avéré qu'une semelfactivité verbale est effective en français, il en est de même pour ce qui relève de sa représentation dans le domaine non verbal, et notamment dans le cadre de catégories comme celles des conjonctions et des adverbes. Effectivement, dans de nombreux emplois spécifiques, des opérateurs tels que or et (a)lors marquent un instantané du discours, soit présenté comme singulier, soit envisagé comme non répétitif. Cela étant, cet invariant n'est pour ainsi dire jamais présenté comme tel, mais décrit à l'appui d'un certain nombre de « rôles » ou de « valeurs » qui sont autant de manières détournées de le conforter. Dans l'analyse, une désignation unifiée est pour ainsi dire laissée en suspens, et de nombreux auteurs – parmi lesquels figurent les romanistes – s'attachent donc à exemplifier la semelfactivité à travers un assortiment de valeurs quelquefois tout aussi intermédiaires que redondantes, avec un évident phénomène de dispersion. Ainsi est-il question, pour or, de « modification » chez Blumenthal (1980), de « transition » chez Ruppli (1989), de « rupture » ou encore de « seuil » chez Ollier (1995), là où il est plutôt question de « décrochage » (Franckel 1989), ou par exemple d' « interprétation déictique » (Achard 1992) pour alors. Dans les autres cas, des paraphrases comme « à ce moment-là » (Jayez 1981), « maintenant » (Bougy 2000), ou « présentement » (le TLF), interviennent comme un recours qu'il est quelquefois difficile de replacer sur le terrain des acceptions. L’objet de cette contribution est de montrer que la semelfactivité caractérise en partie certains profils d'emplois, quels que soient les classifiants qu'on leur assigne par ailleurs, de or et dans une moindre mesure de (a)lors. Une brève étude menée en diachronie à l'appui des ouvrages du Charroi de Nismes, de Saint Nicolas et du Palatinus, corrobore cet invariant de or en particulier en témoignant du fait que celui-ci, en ancien comme en moyen français, est davantage employé dans l'assertion et l'injonction (où les traits de l'instantané et du singulatif sont plus opératoires) que dans la question, tandis que sa représentation dans le cadre de locutions interjectives exige une répartition qui prenne davantage en compte une problématique de genres.



© Institut de Linguistique Française 2008

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